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Covoiturage domicile-travail : combien on économise vraiment, et ce que l'employeur peut payer

Le covoiturage pour aller au travail progresse de 26 % en un an. Calcul de l'économie réelle selon le nombre de passagers, aides de l'employeur (prime carburant, forfait mobilités durables jusqu'à 600 € par an) et pièges à éviter.

Par AlertFuel·

Avec la hausse de la rentrée, les salariés qui roulent tous les jours pour aller travailler cherchent à réduire leur facture. Le covoiturage en fait partie. D'après les chiffres de la plateforme Karos, rapportés par RMC le 24 septembre 2026, plus de 306 000 trajets domicile-travail ont été faits en covoiturage sur ses réseaux pendant les trois premières semaines de septembre. C'est 26,5 % de plus qu'à la même période en 2025, avec près de 20 000 nouveaux inscrits en quelques semaines.

Covoiturer, c'est bien. Encore faut-il savoir ce que ça rapporte vraiment, et ce que votre employeur peut prendre en charge. Voici le calcul, les aides, et les pièges à éviter.

Le calcul : ce que coûte un trajet domicile-travail seul

Prenons un trajet courant, que vous pouvez adapter au vôtre :

Sur un an, cela fait 13 200 km, soit 924 litres de carburant. Au prix retenu, votre trajet domicile-travail vous coûte environ 2 125 € de carburant par an si vous roulez seul, soit un peu moins de 10 € par jour.

Ce que rapporte le covoiturage, selon le nombre de passagers

Si les frais de carburant sont partagés à parts égales entre les occupants de la voiture :

OccupantsCoût carburant par personne et par anPar jour travaillé
Seul2 125 €9,66 €
À deux1 063 €4,83 €
À trois708 €3,22 €
À quatre531 €2,42 €

C'est ce que résume une covoitureuse interrogée par RMC : « ça permet de réduire le coût par quatre ». C'est exact, mais seulement si la voiture est pleine tous les jours et que tout le monde partage à égalité.

Trois précisions pour ne pas vous raconter d'histoire :

Le cadre légal : partager les frais, pas gagner de l'argent

Le Code des transports (article L3132-1) définit le covoiturage comme un trajet que le conducteur fait pour son propre compte, avec des passagers qui participent aux frais, sans que le conducteur en tire de bénéfice. En pratique :

Un doute sur votre contrat d'assurance ? Signalez à votre assureur que vous covoiturez régulièrement : c'est une question qui se règle en un appel.

Ce que votre employeur peut prendre en charge

L'article de RMC le souligne : de plus en plus de salariés demandent de l'aide à leur employeur ou à leur CSE pour faire face au prix du carburant. Deux dispositifs existent. Aucun n'est obligatoire, mais s'il est mis en place, l'employeur doit en faire bénéficier tous les salariés qui y ont droit.

Le forfait mobilités durables, celui qui couvre le covoiturage. Il prend en charge les trajets domicile-travail faits en covoiturage, comme passager ou comme conducteur, mais aussi à vélo ou en autopartage. Il est exonéré de cotisations et d'impôt sur le revenu jusqu'à 600 € par an et par salarié, ou 900 € au total si votre employeur rembourse aussi votre abonnement de transports en commun (plafonds de la fiche officielle, vérifiée en juillet 2025). Pour en bénéficier, on fournit une attestation sur l'honneur ou un justificatif de paiement, par exemple les relevés d'une plateforme de covoiturage. Il peut être versé en titres-mobilité, utilisables pour payer des services de covoiturage ou du carburant. Voir la fiche du forfait mobilités durables.

La prime carburant, pour ceux qui roulent seuls. Elle couvre les frais de carburant d'un salarié qui prend sa propre voiture. Son plafond d'exonération est de 600 € par an depuis juin 2026, et un passage à 1 000 € a été annoncé le 22 septembre 2026, sans être encore en vigueur. Mais depuis 2025, elle est réservée à certains salariés : ceux dont le domicile ou le lieu de travail est dans une commune non desservie par les transports publics ou hors d'une agglomération de plus de 100 000 habitants, ceux dont les horaires rendent la voiture indispensable, et ceux qui travaillent sur plusieurs sites. Le détail est sur notre page des aides de l'État aux particuliers.

C'est là que le covoiturage change la donne. Un salarié qui habite et travaille dans une grande agglomération desservie par les transports en commun n'a en principe pas droit à la prime carburant, même s'il prend sa voiture tous les jours. En revanche, s'il covoiture, même comme conducteur, ses trajets entrent dans le forfait mobilités durables. Une voiture avec une seule personne à bord, elle, n'y ouvre jamais droit.

Les deux dispositifs se cumulent, dans un plafond commun. La règle de cumul publiée par la fiche officielle (600 € au total, dont 300 € au plus de prime carburant) date d'avant le relèvement de juin 2026 : vérifiez-la avant d'additionner les deux. Et si votre abonnement de transports en commun est aussi remboursé, la prime carburant n'est plus exonérée.

Si votre employeur ne propose rien, c'est une demande à porter aux ressources humaines ou au CSE : le forfait se met en place par accord d'entreprise, ou par décision de l'employeur après consultation du CSE.

Certaines collectivités financent aussi directement des trajets de covoiturage sur leur territoire. Renseignez-vous auprès de votre intercommunalité ou de votre région.

Où trouver des covoitureurs pour aller au travail

Covoiturer et faire le plein au bon endroit

Le covoiturage divise la facture. Le choix de la station, lui, baisse le prix de chaque litre. Les deux se cumulent.

Dans une même ville, l'écart entre la station la moins chère et la plus chère peut dépasser plusieurs centimes par litre. Sur les 924 litres de notre exemple, chaque centime gagné au litre vaut 9,24 € par an. Pour trouver la station la moins chère sur votre trajet quotidien, utilisez la carte AlertFuel ou notre comparateur de stations sur trajet.

Questions fréquentes

Combien économise-t-on en covoiturant pour aller au travail ? Sur un trajet de 60 km par jour, 220 jours par an, avec une voiture à 7 L aux 100 km et un gazole à 2,30 €, le carburant coûte environ 2 125 € par an seul, 1 063 € à deux et 531 € à quatre, si les frais sont partagés à égalité.

Le conducteur peut-il gagner de l'argent en covoiturant ? Non. Le covoiturage est un partage de frais : la participation des passagers ne doit pas dépasser les frais du trajet, et le conducteur doit faire ce trajet pour son propre compte.

L'employeur peut-il payer le covoiturage ? Oui, s'il le décide : le forfait mobilités durables couvre le covoiturage, comme conducteur ou comme passager, et il est exonéré jusqu'à 600 € par an et par salarié (fiche officielle vérifiée en juillet 2025). Il n'est pas obligatoire.

Ai-je droit à la prime carburant si j'habite une grande ville ? En principe non, depuis 2025, si votre domicile et votre lieu de travail sont dans une agglomération de plus de 100 000 habitants desservie par les transports publics, sauf horaires incompatibles avec les transports collectifs ou travail sur plusieurs sites. Le covoiturage, lui, relève du forfait mobilités durables, qui n'a pas cette condition.

Faut-il une assurance spéciale pour covoiturer ? Tant qu'il s'agit d'un partage de frais, le covoiturage relève de l'usage normal du véhicule. Prévenez tout de même votre assureur si vous covoiturez régulièrement.


Chiffres de fréquentation : plateforme Karos, rapportés par RMC le 24 septembre 2026. Calcul d'économies : hypothèses indiquées dans l'article, prix du gazole arrondi à l'ordre de grandeur de septembre 2026. Aides de l'employeur : fiches officielles de service-public.fr sur le forfait mobilités durables (vérifiée le 29 juillet 2025) et sur la prime carburant (vérifiée le 12 juin 2026), et communiqué du Gouvernement du 22 septembre 2026 pour le relèvement de juin 2026.

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